Biographie
Jazz, classique, musiques improvisées ou traditionnelles du monde... Ne pas choisir, c’est choisir d’être libre pour la contrebassiste et compositrice Leïla Soldevila qui arpente des continents musicaux pluriels avec la curiosité pour boussole.
“Mon instrument est rarement sur le devant de la scène mais c’est une présence fondamentale. La contrebasse est un pilier de l’orchestre et c’est aussi mon épine dorsale. Entre elle et moi, c’est corps et âme !” affirme Leïla Soldevila qui découvre la puissance des fréquences basses à l’orée de sa vingtaine, après quinze ans de piano et des heures à écouter les disques d’Henri Texier, Bojan Z, Kenny Wheeler, Count Basie, Ray Brown, Scott Lafaro ou Dave Holland. Encouragée par des professeurs de renom, la musicienne s’affirme au gré d’un cursus académique d’excellence qui l’entraîne, en classique et en jazz, de l’IMFP de Salon-de-Provence au CNR de Lyon, du Conservatoire Royal de la Haye au CNSMD de Paris dont elle sort diplômée d’un Master « Jazz et Musiques Improvisées » en 2013.
Si Leïla Soldevila est une enfant de l’institution, elle trouve son équilibre dans les infinis possibles qu’offre la vie artistique de la capitale. Par une approche live et collective de la musique, elle éprouve la diversité dans les jams, les sessions, les enregistrements en studio, mais aussi de nombreux concerts et tournées au sein de multiples pays.
Repérée aux côtés du célèbre oudiste marocain Saïd Chraïbi, Leïla Soldevila dévoile bientôt ses talents au coeur du paysage des musiques traditionnelles du monde. Dès 2012, la contrebassiste intègre le groupe kurde Nishtiman, puis sillonne les Pays de l’Est sous la direction du musicien iranien Mehdi Aminian sur des projets tels que Roots Revival et la mène à jouer avec la talentueuse chanteuse libanaise Abeer Nehme. Avec son instrument pour rose des vents, Leïla Soldevila côtoie aussi la musique russe, les rythmes latino-américains ou encore le maloya réunionnais avec la transe free jazz de Grand Sorcier. Côté classique, elle joue au sein d’orchestres symphoniques et parfois en musique de chambre.
Elle cultive par ailleurs son lien avec le jazz, aux côtés de musiciens reconnus tels que Géraldine Laurent, Guillaume de Chassy, Steve Shehan, Frédéric Couderc, Sylvain Boeuf, Stéphane Payen, Baptiste Herbin, Olivier Hutman, Raphaël Imbert, Nicolas Folmer, David Enhco, Enzo Carniel, Sophie Alour. D’autre part, elle collabore de façon régulière dans les projets des artistes Bruno Angelini et Pascal Charrier.

Exploratrice insatiable, Leïla Soldevila s’investit dans l’étude, ici, de la musique ouestafricaine, là, des influences mêlées de traditions arabo-andalouses au Conservatoire de Gennevilliers sous la direction de Rachid Brahim-Djelloul, ailleurs, en participant à des projets pluridisciplinaires qui mêlent danse, théâtre, littérature, cinéma ou peinture ou encore, en s’investissant au sein l’Orchestre des jeunes de la Méditerranée pour diverses créations avec Fabrizio Cassol.
Aujourd’hui, la contrebassiste partage la scène avec le violoniste tunisien Zied Zouari notamment dans le trio Birds, la chanteuse franco-iranienne Ariana Vafadari avec les créations Gathas / 4 Femmes, le joueur de saz et chanteur kurde Ruşan Filiztek dans le projet Exils et la chanteuse Noëmi Waysfeld dans les projets Soul of Yiddish et Barbara. Dans la même dynamique que ces artistes, Leïla Soldevila évolue librement entre les esthétiques et les géographies, pleinement ouverte à l’altérité. Elle se laisse guider par un élan de partage, de découverte, de voyage et de transmission. C’est dans cet esprit qu’elle s’est engagée dans le projet DEMOS de la Philharmonie de
Paris, qui oeuvre à rendre la musique classique accessible à des enfants éloignés de la culture, par la pratique orchestrale.
En 2021, Leïla Soldevila décide de former son propre trio avec Line&Borders, un répertoire à son image, à la croisée des esthétiques : musique de chambre, (free) jazz, chanson, textures organiques, électriques voire électroniques... Accompagnée de Célia Forestier au chant et de Félicité Delalande à la harpe, la contrebassiste explore plusieurs registres pour illustrer les tournants et les métamorphoses de son parcours. Trio de cordes sensibles, Line&Borders joue des silences comme des vertiges de l’improvisation pour inventer un dialogue ludique et audacieux.